◉ Topographie anecdotée du hasard

« Nos poches, nos tables, nos maisons sont envahies d’objets déposés par les grandes marées terriennes. »
(Topor, dans la préface à la Topographie)

Le 17 octobre 1961, Daniel Spoerri fait l’inventaire des objets composant sa table de travail dans sa chambre d’hôtel de la rue Mouffetard, décrivant chaque objet comme s’il s’agissait d’un catalogue de musée.

Au départ manifeste visant à se moquer du marché de l’art, ce petit texte suscite la folie des amis de l’auteur, qui se piquent de l’enrichir : Topor l’illustre, puis un ami anglais le traduit en ajoutant des notes, auxquelles Spoerri répond par d’autres notes. Puis un ami allemand traduit le tout en ajoutant des notes, auxquelles Spoerri répond par d’autres notes, et les Anglais recommencent…

Miscellanées pétries d’humour, autobiographie intellectuelle d’une génération, tentative littéraire à la Perec, épopée de l’objet trouvé au hasard, le texte offre en prime un name dropping de l’avant-garde des années 60 émaillé d’anecdotes personnelles et générationnelles…

Essai de Daniel Spoerri
traduit du français, de l’allemand et de l’anglais
par Stéphane Mahieu et Sacha Zilberfarb
en coédition avec le Bureau des activités littéraires
9791095244097 – 396 pages – 25€

Publié avec le soutien de

 
 

Né en Roumanie mais grandi en Suisse après l’exécution par les nazis de son père, pasteur juif converti, ami de Tinguely et d’Yves Klein, Daniel Spoerri se consacre d’abord au théâtre (Tzara, Picasso et Ionesco) avant de devenir une figure de la poésie concrète. Concepteur des « tableaux-pièges », membre éphémère des Nouveaux Réalistes, il collectionne les restes de repas, propose des œuvres d’art comestibles (le eat art), écrit une ethnologie de la boulette, fait des collections de collections, transforme en idoles, sur l’île grecque de Symi, des assemblages de crânes d’animaux et d’instruments divers.
Daniel Spoerri a aujourd’hui 86 ans, vit entre Vienne et la Toscane, et a deux musées en Autriche et en Italie.

=> Ses travaux
 
 

Issus de l’École Nationale Supérieure des arts décoratifs et après avoir travaillé pour le studio Des Signes spécialisé dans le graphisme culturel (Château de Versailles, Palais de la découverte, Ministère de la Culture), Jean-Baptiste Berthezène et Félix Demargne fondent le studio de design graphique Cheeri. Le studio travaille aussi bien pour des projets de signalétique/scénographie (Maison de l’architecture, Air poster), que sur l’identité visuelle d’institutions (Ekopolis, Padif) ou de créateurs (Annelise Michelson, Eloïse Fiorentino…). Depuis 2013, ils développent des collaborations dans l’édition (romans français de Fayard, Philippe Rey, Le Nouvel Attila, nouvelle collection poche de La Table Ronde, refonte graphique du magazine Page des libraires). Cheeri, qui collabore aussi avec des artistes contemporains comme Philippe Baudelocque ou Gaël Davrinche, crée en 2011 Air poster, association dédiée à la promotion du design graphique contemporain via des expositions annuelles.