◉ La Peinture à Dora

« L’événement eut lieu un matin au cours d’une de ces séances auxquelles nous étions accoutumés. Nous étions quelques milliers de bagnards qui stagnions sur la place d’appel, pendant qu’on procédait à une fouille générale. Mon regard se porta machinalement sur la colline qui s’élevait du côté de l’infirmerie. L’automne y achevait son établissement. Alors ces grands arbres dépouillés fondirent sur moi sans crier gare et m’emportèrent avec eux. L’Enfer de Dora se métamorphosa subitement en un Breughel dont je devins l’hôte. »

Arrêté par la Gestapo et incarcéré au camp allemand de Dora en 1944, François Le Lionnais y continue les actes de résistance qu’il avait entrepris à Paris, notamment en sabotant le système de guidage de missiles V2 qu’il est chargé de construire. Mais Le Lionnais a un autre type d’activités tout aussi vitales aux yeux de ses compagnons de captivité… Quand il n’instruit pas le jeune déporté Jean Gaillard (mort en déportation) de la théorie des nombres, des mathématiques, de l’électricité ou de la chimie, il décrit chaque jour, pendant la durée de l’appel, qui peut durer quatre heures, un tableau différent du musée du Louvre, qu’il détaille avec un luxe de précisions extraordinaire, couleur par couleur, détail pictural par détail pictural… La Peinture à Dora est le bref récit de cette période.

Récit français de François Le Lionnais
illustré de détails des 24 tableaux cités
979-10-95244-10-3 – 48 pages – 8€

 
 

Fondateur de l’Oulipo, théoricien des échecs, créateur des premières émissions scientifiques à la radio, ingénieur chimiste, auteur d’un des textes les plus courts et les plus frappants écrits sur la Deuxième Guerre mondiale – La Peinture à Dora –, éphémère compagnon de route du PC, résistant de la première heure arrêté et déporté par la Gestapo, François Le Lionnais (1901-1984) fut tout cela. Simultanément à la parution de la compilation d’archives hétéroclites ordonnée par Olivier Salon, Le Disparate, François Le Lionnais, Le nouvel Attila a décidé de republier un des rares textes autobiographiques laissés par Le Lionnais, un des textes les plus courts et les plus frappants écrits sur les camps : La Peinture à Dora.
 
 

Diplômé d’un DNSEP à l’école d’art du Havre (ESADHaR) en 2015, César Henry travaille comme graphiste indépendant depuis 2014 pour des clients allant du Havre jusqu’à Paris. Il aime faire intervenir le hasard et l’aléatoire dans ses productions (lorsque la commande le permet). S’il y avait un mot pour résumer sa manière de travailler, ce serait la Sérendipité.
Visiter son site : http://cesarh.fr/
 
 

« Un texte bouleversant, sensible et virtuose. »
Macha Séry, Le Monde

« Ce petit bijou littéraire, à la fois drôle et bouleversant, œuvre d’un homme d’exception face à des circonstances tragiques, reparaît aujourd’hui pour la première fois illustré par les détails des 23 tableaux qui en constituent le cœur. »
Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo

« La Peinture à Dora est un manifeste de la culture contre la barbarie. »
Jean-Didier Wagneur, Libération

« Le texte est très court et dit beaucoup pourtant. C’est un témoignage, un récit à la première personne sur la survie, mais plus encore, sur une victoire. La victoire de l’art, du beau et de l’intelligence sur l’horreur. La couverture, composée par César Henry, contribue à faire de ce petit bouquin une réussite visuelle en plus d’un message à mettre entre toutes les mains. »
Héloïse Massa, Un dernier livre avant la fin du monde

« Seul un mathématicien est à même d’englober ainsi, dans un même mouvement, l’espace, le temps, la poésie et la métaphysique. La Peinture à Dora est de ces textes inimaginables et pourtant écrits, qui sont l’étincelle vivante, vive et vibrante, du sursaut de l’Homme au cœur de l’horreur. »
Christine Bini, La Règle du jeu

« C’est un tout petit livre, écrit gros. Pourtant ce n’est pas un conte pour enfants, mais un récit autobiographique pour adultes, du genre qui se glisse dans la poche d’un ami comme un viatique qui vaut provision pour le cheminement d’une vie. »
Lise Wajeman, Mediapart

« On lit dans La Peinture à Dora cette trouvaille extraordinaire de Le Lionnais déporté qui, pour vaincre l’horreur des camps, s’imagine guide de musée. Totalement fascinant. »
François Angelier dans Les Émois de France Culture

« Témoignage hallucinant du pouvoir de l’abstraction et de la mémoire. »
Olivier, librairie L’Humeur vagabonde (Paris)

« Une merveille. »
Géraldine Chognard, librairie Le Comptoir des mots (Paris) sur France Info

« Une expérience d’abîme à l’intérieur de chefs-d’œuvre, qui développe le sens aiguisé du regard, en plongeant dans une peinture, pour revenir dans le réel chargé et enrichi de l’observation d’un détail pictural. Un expérience qui fascine et qui attire. »
Nikola Deslescluse, radio Paludes

« Bijou tenant de la miniature et du mémo, expérience unique, surré- et surviv-aliste, contrepoids et introduction à l’œuvre de l’auteur dont Le nouvel Attila a fait paraître, sous la patte d’Olivier Salon, une somme impressionnante intitulée Le Disparate. »
Eric Darsan sur son blog

« Acte de résistance ultime, livre d’une intensité époustouflante, véritable ode à la vie. »
Tara Lennart, Book Haul